Messages de Mars, de la Lune… ou du Soleil ?

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Sommes-nous en présence de l’événement le plus sensationnel et le plus imprévu ? L’homme est-il sur le point d’entrer en communication avec des êtres existant quelque part dans cette étendue interminable qui est le ciel ? Toujours est-il que des stations de T.S.F. auraient reçu des signaux particuliers qui sont aussi fréquents le jour que la nuit et qui prendraient la forme de combinaisons de lettres ne signifiant rien.

Le célèbre technicien de la T.S.F., M. Marconi, aurait déclaré que ces signaux paraissent venir de fort loin car ils sont perçus avec une égale intensité sur tous les points de la surface de la terre, et il aurait affirmé que le phénomène ne peut s’expliquer que si on donne à ces sortes de messages une origine située hors de la terre ou de l’atmosphère de la terre, laquelle ne s’étend probablement pas à plus de 200 à 300 kilomètres du sol. En un mot, ces radios inintelligibles pour l’homme viendraient des espaces interplanétaires.

Mais alors, nous voici revenus aux conceptions de plusieurs auteurs célèbres qui avaient imaginé que les planètes que nous admirons dans le ciel sont peuplées comme la terre et nous assisterions à des essais de communication avec notre globe. D’où viendraient donc ces messages. De la Lune ? Peut-être, puisqu’un astronome de haute réputation, le professeur Pickering annonçait dernièrement qu’il avait constaté des signes de vie dans notre satellite.

Ce serait alors des frères lunaires méconnus jusqu’ici qui nous souhaiteraient la bonne année à 400.000 kilomètres de distance, ce qui, en vérité, est assez mesquin en regard de l’immensité.

Mais ces messages peuvent aussi venir de la mystérieuse planète Mars, ce qui serait plus fort, car la distance qui nous sépare d’elle est de 77 millions de kilomètres. II est vrai que de récentes investigations faites par le professeur Lœwel, avec son télescope géant, lui auraient donné quelques raisons de croire que la vie existe dans Mars. Ses canaux dont la configuration ne peut s’expliquer sans une intervention spéciale, changeraient lentement de place avec le temps comme si des ouvriers conscients en modifiaient le plan suivant les circonstances. Wells aurait donc été plus qu’un romancier. Les Martiens, après s’être révélés à nous comme des ingénieurs extraordinaires, se montreraient maintenant des physiciens hors ligne capables de construire des instruments de signalisation pour correspondre avec les autres planètes.

En tout cas, ils seraient plus forts que les Terriens ; en effet, nos stations de T.S.F. ne pourraient envoyer des ondes jusque dans Mars, car nos ondes ne peuvent, pour ainsi dire pas, surtout de jour, traverser les hautes couches de l’atmosphère que le soleil rend conductrices et qui réfléchissent nos émissions vers le sol !

Malheureusement, le mystère est loin d’être éclairci, car nos postes de T.S.F. de la Tour Eiffel ou autres dont la puissance de réception est énorme, n’ont rien perçu de ces mes-sages extraordinaires. Or, s’il s’agissait d’émissions martiennes, celles-ci seraient reçues partout, pendant le même laps de temps bien défini, la nuit de préférence, et elles auraient partout la même longueur d’onde. Jusqu’ici, il ne semble pas qu’il en ait été ainsi. Il faut donc attendre de nouvelles observations.

Maintenant, ces « signaux » peuvent aussi être causés par des orages magnétiques, par des perturbations électriques se produisant dans le soleil et qui auraient affecté nos appareils de T.S.F. Les ondes solaires ainsi produites, auraient voyagé à travers l’éther et parcouru 148 millions de kilomètres.

Ce phénomène extraordinaire n’a rien qui doive nous surprendre, car il est bien connu. C’est un phénomène naturel qui se renouvelle fréquemment. Chaque fois qu’il se produit des perturbations dans le soleil, des modifications dans la forme des taches solaires par exemple, il se forme sur notre globe des courants qui impressionnent nos postes de T.S.F., gênent ou même interrompent nos communications et font croire aussi à des sortes d’émissions lointaines dont seulement certains traits ou points arrivent aux oreilles des radiotélégraphistes. C’est le brouillage depuis longtemps honni par les opérateurs, causé par les courants dits parasites auxquels on ne fait attention que parce que toutes les réceptions se trouvent souvent impossibles.

Souhaitons qu’il n’en soit pas ainsi et que nous puissions bientôt apprendre que nous sommes à la veille d’être renseignés sur la vie des habitants de Mars ou de la Lune, grâce à leur savoir très supérieur au nôtre.

« Le Miroir : publication hebdomadaire. »  Paris, 1920. 

 

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