Les montagnes russes

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Les montagnes russes, naturelles ou artificielles, consistent dans un plan incliné parcouru par un traîneau qu’on laisse glisser du haut en bas. Ce divertissement a pris naissance dans les pays froids, comme la Russie, d’où il tire son nom, la neige et la glace permettant d’établir facilement des glissades. Cependant la Russie est le pays où il est le moins aisé d’organiser ce jeu par des moyens naturels, parce qu’il est plat, et que les montagnes qu’on y rencontre sont éloignées des centres habités.

Le mot montagne est d’ailleurs un peu ambitieux; une simple colline suffit. Il y aurait même danger à l’aire partir la glissade du sommet d’une montagne. Car, en vertu des lois physiques qui régissent l’accélération de la vitesse sur un plan incliné, un traîneau lancé d’une grande hauteur se briserait infailliblement, à la fin de sa course, sans parler de la respiration qui, à un moment donné, deviendrait impossible pour les voyageurs.

Dans les contrées dont la configuration le permet, les montagnes russes naturelles sont installées sur la pente d’une colline couverte de neige. On y trace un chemin en tassant la neige, qui se transforme bientôt en une couche de glace, sur laquelle glissent, les traîneaux, qu’on remonte à bras au sommet de la colline pour repartir de nouveau.

En Russie, dans les fêtes populaires, on construit des montagnes artificielles formées par un pont en planches, tel que le représente notre gravure. Ce pont, fortement incliné, est soutenu par des piliers et recouvert d’une épaisse couche de glace unie comme un miroir, des gradins de bois conduisent au sommet de la montagne, où plusieurs petits traîneaux de bois attendent les amateurs.

A peine est-on assis et le traîneau placé sur la pente a-t-il reçu une impulsion, qu’on éprouve une sensation délicieuse; on est emporté dans l’espace, on fend l’air comme un oiseau, sans dévier de la ligne droite, sans secousse, avec une vitesse qui s’accélère insensiblement et semble tenir du prodige.

On a installé à Paris, ces temps derniers, des montagnes russes artificielles dont le plan, incliné est pourvu de rails sur lesquels roulent les traîneaux. Quelque amusant que soit cet exercice, il peut présenter des inconvénients pour les vieillards et pour les personnes qui ont la respiration courte.

« Le Petit Français illustré. »  Paris, 1890.

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2 réflexions sur “Les montagnes russes

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