Les jeux exotiques chez les Indiens

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Il est curieux de constater que chez les survivants des nombreuses tribus indiennes qui peuplaient autrefois le territoire des Etats-Unis les jeux actuels sont les mêmes qu’autrefois.

La civilisation en marche les a réduits peu à peu à là misère et acculés à des territoires où ils sont comme tolérés par le gouvernement; mais elle n’a pu changer les moeurs premières ni leur amour de la chasse et des exercices violents.

Tout jeunes, les petits Indiens jouent entre eux des pantomimes, dont les sujets sont empruntés à la chasse et à la guerre, aux moeurs des animaux que leurs pères ont chassés et qu’ils chasseront à leur tour si là misère et l’alcool épargnent leurs tribus jusqu’à ce qu’ils aient atteint l’âge d’homme.

Tel est le jeu du loup et de l’ours. Un des jeunes acteurs doit représenter l’ours. Il choisit sa tanière. Les autres s’intitulent les loups. Pas à pas, à la file indienne, ils s’engagent dans la brousse pour arriver au repaire de l’ours. Celui-ci, qui les a vus venir, cherche à les dépister en dissimulant ses traces. Si pendant un laps de temps déterminé, quelquefois une journée, il a réussi à dissimuler suffisamment ses traces ou à lancer habilement les loups sur de fausses traces, il est proclamé le vainqueur du jeu. C’est ainsi que Bas-de-cuir devait faire au siècle dernier son apprentissage de son métier de trappeur.

Plus grands, la guerre et la chasse ne sont plus pour les Indiens des jeux, mais l’occupation de toute leur vie. C’est alors que, pour se délasser, ils jouent à une sorte de jeu de paume d’où le lawn-tennis et le foot-ball pourraient bien dériver. Les guerriers sont divisés en deux camps. Chaque joueur est armé de deux raquettes à long manche. Il s’agit pour chaque camp d’empêcher la partie adverse de s’emparer de la balle. Il en résulte d’effroyables mêlées, qui dégénèrent souvent en véritables combats où le sang coule.

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Tout cela n’empêche pas les petites filles indiennes de jouer à la poupée. Les femmes excellent à fabriquer pour les tout petits des colliers, des sifflets, des grelots et de petits chariots. Il existe même chez quelques Indiens une touchante coutume. Quand une femme a perdu son enfant, elle sculpte dans un morceau de bois une poupée grossière qu’elle entoure des habits du petit défunt. Elle appelle cette poupée son chagrin et la place dans le berceau de l’enfant qui est mort. Plusieurs fois dans la journée, elle vient la bercer et lui chanter les airs qu’elle chantait à l’autre.

« Le Petit Français illustré. »   Paris, 1902.

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