le biniou

biniou

Biniou, disent nos Bretons; cornemuse; disait-on au moyen âge; pibroch, disent encore les Écossais : tous ces noms désignent le même instrument. Imaginez, ceux d’entre vous qui ne l’ont pas encore vu, imaginez une outre en peau ou bien même une vessie, qu’on remplit d’air, cela forme réservoir; l’air en sort par des tuyaux; les uns donnent toujours le même son: d’autres sont percés de trous, ce qui permet à l’artiste d’obtenir des modulations.

Il faut considérer le biniou avec respect, car c’est probablement cet instrument qui a donné l’idée de l’orgue.

gavotte

Sous le nom de musette ou de cornemuse, le biniou a été en grande faveur au moyen âge et jusqu’au XVIIIème siècle; les musiciens les plus grands, comme, au XVIIème siècle, l’Allemand Bach, ont composé pour la musette des airs gracieux et lents, qui, eux-mêmes, ont pris ce nom de musette. Les musiciens modernes n’ont pas employé le biniou dans leurs orchestres, et il est redevenu un instrument propre à la musique paysanne. Nos Bretons lui sont restés fidèles et il n’est guère de fête bretonne où l’on n’entende les sons graves et parfois un peu tristes de ce joli instrument.

pibroch-danse

Les Bretons d’Outre-Manche, Gallois et Écossais, se servent souvent aussi du biniou; certains régiments écossais ont une musique entièrement formée de pibrochs et de fifres. En agissant ainsi, nos voisins ne font que se conformer à un usage ancien, car, au moyen âge, les gens de guerre emmenaient souvent avec eux des joueurs de cornemuse.

pibrochs-ecossais

L’historien Froissart raconte qu’en 1340, au siège de Valenciennes, il y avait de nombreuses cornemuses qui « menaient grand bruit et grand tintin ». Pendant la guerre du Transvaal, les joueurs de pibroch accompagnèrent leurs régiments au combat, et l’un d’eux fut populaire à Londres pour avoir continué, malgré de graves blessures, à encourager ses compagnons d’armes des sons aigrelets de son instrument jusqu’au moment où une balle vint crever la panse de son pibroch.

« Le Petit Français illustré. » A. Parmentier. Paris,1904.

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