Un système scientifique d’embauchage

Le psychographe Amar qui sert à mesurer l'acuité des sens et l'attention du postulant. Pour l'épreuve de la vue, le sujet pose un doigt sur un manomètre et fixe un objectif. Dès qu'il perçoit une lumière qu'on fait apparaître devant lui, il appuie sur le manomètre. Un cylindre enregistre le temps écoulé entre la vision et le réflexe.
Le psychographe Amar qui sert à mesurer l’acuité des sens et l’attention du postulant. Pour l’épreuve de la vue, le sujet pose un doigt sur un manomètre et fixe un objectif. Dès qu’il perçoit une lumière qu’on fait apparaître devant lui, il appuie sur le manomètre. Un cylindre enregistre le temps écoulé entre la vision et le réflexe.

Jusqu’à ce jour, les méthodes d’embauchage n’avaient rien de scientifique. On jugeait surtout le postulant sur sa bonne mine; aujourd’hui, grâce aux méthodes scientifiques trouvées par M. Jules Amar, on peut mettre sûrement chacun à sa place, pour obtenir le rendement maximum, tout en supprimant le surmenage.

Avec la nouvelle méthode, on arrive à un classement rigoureusement scientifique des employés, et après une série d’épreuves psycho- physiologiques, on constitue pour chacun d’eux une fiche personnelle d’aptitudes. Grâce à cette fiche établie à la suite de diverses expériences, réalisées à l’aide de tout un jeu d’appareils spéciaux, on peut, désormais, diriger avec certitude l’employé vers le service où il sera utilisé avec le plus de rendement efficace. Cette fiche ne fait que donner des directives, tout en laissant subsister la liberté de chacun et tient compte du perfectionnement du sujet. En effet, cette fiche sera révisée plusieurs fois par an et les salaires seront influencés par l’amélioration constatée après un effort de l’employé ou de l’ouvrier.

Voici comment on établit cette fiche.

Tout d’abord on prend les renseignements habituels sur l’identité dit sujet, son âge, les patrons qui l’ont déjà employé, le temps passé dans chaque maison; on mentionne aussi s’il a des diplômes. Puis on mesure sa taille, debout et assis; et à l’aide des appareils, on enregistre graphiquement les caractéristiques du sujet, caractéristiques qui aideront à reconnaître ses aptitudes particulières.

Voici d’abord pour le cœur et les poumons: le sujet monte sur le cycle ergométrique qui est une bicyclette ordinaire dont la roue arrière possède un frein dont on peut mesurer facilement la pression en kilogrammes. Tandis qu’il pédale quelques secondes, sa respiration est enregistrée à l’aide d’une soupape buccale et d’un cylindre inscripteur de Marey.

Le sujet doit pédaler à une cadence indiquée par un métronome. On possède ainsi un premier graphique de la respiration. Si le graphique révèle, par exemple, une légère prédisposition à la tuberculose, il ne faudra pas employer cet ouvrier dans une manufacture où l’on emploie le jet de sable, ou près de meules qui laissent dans l’air des poussières siliceuses.

L’habileté professionnelle peut être étudiée avec la lime inscrivante. Cet appareil inscrit sur un cylindre tous les mouvements du bras et de l’avant-bras, et leurs différentes pressions sur l’outil. Le mouvement est décomposé et grossi; on obtient un nouveau graphique que l’on peut conserver.

L’acuité des sens est mesurée au psychographe Amar. Pour la vue, par exemple, le sujet pose un doigt sur une sorte de capsule manométrique (MM) et fixe un objectif placé devant lui (O, E, A). On fait alors apparaître une lumière devant l’objectif placé sous les yeux du sujet. En même temps qu’apparaît cette lumière un stylo (T, T’) trace une marque sur le cylindre enregistreur (G). Immédiatement, le sujet doit répondre en appuyant sur la capsule manométrique et refait un trait sur le cylindre. Entre ces deux traits, il s’est écoulé un temps marqué sur le cylindre par un diapason enregistreur vibrant au centième de seconde. On a ainsi le temps de réaction simple.

On peut mesurer de même le temps de réflexion, de discernement, en disposant deux capsules manométriques l’une bleue, l’autre rouge devant le sujet, et en lui demandant d’appuyer sur celle qui correspondra à la couleur de la lumière qui apparaîtra dans l’objectif placé devant lui. On obtient alors un graphique qui donne le temps de réflexion, temps qui reste constant pour chaque sujet.

Avec toutes les données scientifiques ainsi recueillies le service du personnel établit la fiche d’aptitudes. Il faut vingt minutes environ pour établir chaque fiche.

La science française réalise ainsi l’adage anglo-saxon:

« The right man in the right place. »

Jean Viallon. « Je sais tout. »  Paris, 1921. 

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