Les copistes au Moyen Age

copiste-moyen-âgeEntre le siècle d’Auguste et la Renaissance, il s’est écoulé une longue période de barbarie pendant laquelle les lettres n’ont eu d’autres asiles que les couvents. N’est-ce pas aux moines du moyen âge, aux Bénédictins surtout, que nous devons d’avoir conservé les chefs-d’oeuvre des Latins et des Grecs ?

Dans le calme des abbayes, ces hommes passaient leur vie uniquement occupés à copier les livres saints et les auteurs profanes. Nous devons leur savoir gré de ce travail sans gloire, qui nous a permis de lire la Bible, Homère, Virgile, Cicéron et tous ces grands écrivains dont le génie a fourni à notre littérature les éléments de sa grandeur.

Les instruments dont disposaient ces modestes travailleurs étaient encore très primitifs; ils écrivirent d’abord sur du papyrus qui leur venait d’Egypte; puis les Arabes ayant détruit la fabrication et le commerce de ce papier, ils furent forcés de ne plus employer que du parchemin dont le prix était très élevé.

Les manuscrits, composés comme nos livres modernes, de feuillets cousus ensemble, étaient enveloppés dans des morceaux d’étoffe, ou renfermés dans des étuis; on les recouvrait encore avec des planchettes de bois. Il existe aussi quelques manuscrits du Moyen Age qui ont la forme d’un rouleau; mais ils sont très rares et considérés comme des singularités.

Les copistes travaillaient sous la direction de quelques érudits. C’étaient pour la plupart de pauvres moines, n’ayant que des connaissances calligraphiques; aussi faisaient-ils souvent des erreurs, quand la surveillance se relâchait. C’est à cela qu’il faut attribuer l’obscurité de certains passages et les nombreuses variantes des textes grecs et latins.

L’ignorance de quelques-uns d’entre eux nous a privés aussi d’oeuvres précieuses. Au moment où le parchemin devenait d’un prix excessif, on eut l’idée, dans certains couvents, d’utiliser les anciens livres sur parchemins en les rendant blancs au moyen de grattages et de lavages à la chaux. On a fait ainsi disparaître des textes du plus grand intérêt pour y substituer des psaumes sans aucune valeur.

Les manuscrits ainsi transformés sont connus sous le nom de palimpsestes. Les progrès de la chimie ont permis à nos savants de reconstruire souvent des textes détruits par des copistes ignorants. Des fragments précieux de Polybe, les Institutes de Gaius et la République de Cicéron ont été retrouvés de cette façon. L’avenir nous réserve peut-être des découvertes aussi curieuses.

in Musée universel.  E.Ballue, Paris, 1873.

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