Les morts

La mort d’Atala de Cesare Mussini
La mort d’Atala de Cesare Mussini

Des hommes sont morts pleins de réputation, et le monde n’attendait plus rien d’eux; d’autres sont descendus dans la tombe en laissant l’opinion qu’ils emportaient avec eux de plus beaux travaux, de plus glorieuses pensées et des oeuvres plus splendides. Chaque heure, chaque minute, voit expirer un mortel, une vie humaine s’éteindre, des larmes couler sur des morts. Ce sont de saintes, mais obscures douleurs renfermées dans le cercle des liens du sang ou de l’amitié. Mais la perte d’une puissante et lumineuse intelligence est une perte qui se fait sentir dans un rayon plus étendu, et ceux-là mêmes que rien ne rattache au mort éprouvent, comme l’artiste qui voit se briser une belle statue, une tristesse douloureuse et désintéressée.

Emile Littré

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